Actualité Santé Française
Recrudescence de la grippe chez les enfants, peut-être chez les adultes ensuite
Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP/Archives
L'épidémie degrippe reste "très active" dans l'Hexagone, où le recours aux soins est reparti en hausse chez les enfants et les adolescents depuis la rentrée des vacances de Noël, ce qui pourrait provoquer une recrudescence également chez les adultes les prochaines semaines, a indiqué mercredi Santé publique France (SpF).
La semaine du 12 au 18 janvier, le recours aux soins a continué de progresser chez les moins de 15 ans en médecine de ville mais aussi aux urgences, après deux semaines de baisse consécutives, tandis qu'il est resté en diminution chez les adultes, selon le bilan hebdomadaire de l'agence sanitaire.
"Il est possible que cette reprise à la hausse de la circulation des virus grippaux chez les enfants, consécutive à la rentrée scolaire début janvier, entraîne une recrudescence du recours aux soins chez les adultes dans les semaines à venir, mais il est très difficile d'anticiper l'impact qu'une telle reprise épidémique pourrait avoir sur le système de soins", a noté SpF.
Si elles penchent pour "une diminution du recours aux soins pourgrippe au cours des quatre prochaines semaines", les nouvelles modélisations de l'Institut Pasteur et de SpF affichent un niveau d'incertitude "élevé", de sorte qu'"un rebond du recours aux soins à l'hôpital dans les prochaines semaines demeure possible", d'une ampleur a priori moindre que fin 2025.
Outremer, les Antilles et la Guyane restent en épidémie, tandis que Mayotte en est sortie et que La Réunion est revenue à un niveau de base.
Quant aux décès liés à lagrippe leur proportion, parmi les décès faisant l'objet d'un certificat électronique, a diminué mais est restée "à un niveau élevé" (6,5%), selon l'agence sanitaire.
La saison dernière avait été marquée par l'une des épidémies les plus sévères depuis 2009, avec quelque 17.600 décès attribués à lagrippe contre environ 10.000 en moyenne. Ce bilan avait été lié en partie à de faibles taux de vaccination.
Si la proportion de Français vaccinés apparaît plus élevée cette saison, avec notamment plus de la moitié des 65 ans et plus vaccinés (53%), elle reste loin des objectifs.
Par ailleurs, les premières remontées sur le vaccin témoignent d'une efficacité "modérée", évitant entre 29,7% et 42,5% des infections grippales, tous âges confondus.
Lexique
des signes généraux : fièvre élevée pouvant durer 5 jours, sensation de froid, frissons, céphalées, douleurs musculaires, douleurs à la mobilisation des yeux, sensation de malaise général...
des signes respiratoires qui augmentent en intensité progressivement : toux sèche, écoulement nasal avec parfois obstruction nasale, enrouement, parfois mal de gorge.
Elles sont principalement pulmonaires, pneumopathies dues directement à la grippe, ou secondaires à une surinfection bactérienne, ou encore aggravation d'un asthme (voir asthme aigu grave ), d'une bronchite chronique ...
Elles apparaissent plus fréquemment chez les sujets ayant une pathologie cardiaque, pulmonaire... préexistante, mais aussi chez les sujets immunodéficients ou au cours de la grossesse.
Rarement, c'est un tableau de grippe maligne survenant quelques jours après le début d'une grippe commune. Elle est due au virus lui-même : apparition d'un oedème pulmonaire avec insuffisance respiratoire aiguë et parfois complications cardiaques, hépatiques, rénales, ménigo-encéphalite. Elle est souvent mortelle et, en cas de survie, les séquelles sont la règle.