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"Pas de risque de diffusion" de la peste en Europe, dit la directrice du centre de référence à l'Institut Pasteur
PATRICK KOVARIK - AFP/Archives
Il n'y a "pas de risque de diffusion" de lapeste en Europe, dit à l'AFP le Dr Anne-Sophie Le Guern, directrice du Centre National de Référence (CNR) de lapeste à l'Institut Pasteur, après la mort d'une laborantine d'un institut russe étudiant cette maladie.
Question: Qu'est-ce que lapeste
Réponse: Lapeste est une maladie des rongeurs sauvages, qui est transmise de rongeur à rongeur par l'intermédiaire des puces. Elle est due à une bactérie, Yersinia pestis, qui circule dans son réservoir animal, et les foyers animaux se trouvent essentiellement en Afrique. Les plus gros foyers sont à Madagascar où elle est endémique avec 100 à 500 cas par an chez l'homme et en République démocratique du Congo, entre 100 et 300 cas. On en trouve aussi chez des animaux dans les parcs de l'Ouest américain, en Amérique du Sud, au Pérou, au Brésil, et récemment en Mongolie et en Chine.
Q: Comment les humains l'attrapent-ils ?
R: L'homme se contamine au contact des rongeurs malades: lorsqu'une puce saute sur l'humain, elle lui inocule la bactérie. Cette bactérie va ensuite migrer jusqu'au ganglion lymphatique le plus proche, s'y développer, et ça va faire une inflammation dans le ganglion, une tuméfaction qui s'appelle un bubon, accompagnée defièvre C'est lapeste bubonique. Ensuite, il y aura une lutte entre le système immunitaire et la bactérie: s'il surmonte la bactérie, le patient va guérir. Sinon, la bactérie va se disséminer dans l'organisme: elle pourra alors atteindre le poumon, s'y développer et provoquer unepneumonie Les symptômes sont unefièvre qui peut monter à 40-41 degrés, de latoux une grande fatigue, une prostration... C'est la forme pulmonaire, qui est transmissible d'homme à homme par l'intermédiaire des gouttelettes respiratoires, lorsque le patient tousse.
Q: La forme pulmonaire est-elle la plus grave ?
R: Oui, elle évolue en trois ou quatre jours et aboutit invariablement au décès de la personne, sauf si on lui donne des antibiotiques précocement, avant l'apparition de symptômes, ou au tout début. Si on en meurt, c'est parce que la bactérie aura disséminé dans l'organisme et atteint tous les organes. Il faut traiter précocement, dès l'apparition des symptômes, bubon oufièvre pour que le patient ait plus de chances de survie. Si on administre des antibiotiques, des fluoroquinolones en général, ça marche bien, on sauve les patients.
Q: Existe-t-il un vaccin ?
R: Un vaccin a été développé dans les années 1930, mais son efficacité était de courte durée et il avait beaucoup d'effets secondaires. Donc, il n'est plus utilisé. Des laboratoires, dont le nôtre, travaillent à développer un nouveau vaccin qui serait efficace et mieux toléré.
Q: C'est l'une des maladies "ré-émergentes" dans le monde selon l'Organisation mondiale de la santé ?
R: Il y a effectivement des foyers qui réémergent de temps en temps sans qu'on sache très bien pourquoi, c'est encore un grand mystère. Il y a beaucoup de recherches à faire. Effectivement, la maladie peut réémerger dans des zones où il n'y a pas eu de cas depeste humaine depuis 30 ou 40 ans comme en Algérie au début des années 2000 ou en Asie centrale dans les années 1990.
Q: Faut-il s'inquiéter du cas mortel survenu en Russie ?
R: Cette alerte est inquiétante, évidemment, pour les personnes qui sont touchées. Mais il n'y a pas de risque de diffusion: quand un cas depeste est diagnostiqué, on recense tous les contacts que la personne a eus à partir du moment où elle a été contaminée ou a développé des symptômes. Et l'on met en observation tous ces gens, on peut éventuellement leur donner aussi des antibiotiques en prévention. Donc, en général, ça s'arrête là. En France et en Europe de l'Ouest, on a une bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas depeste chez les animaux: nous n'avons pas de risque de l'attraper.
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Lexique
soit sous l'effet d'un environnement chaud ou d'un travail musculaire intense en milieu chaud et humide (coup de chaleur) avec débordement des capacités d'adaptation de l'organisme (cutanées, respiratoires, cardio-vasculaires) ;
soit (fièvre) lors d'un processus infectieux, de la prise de certains médicaments (réaction allergique ou non)...
soit processus immunitaire avec libération de substances qui vont, au niveau cérébral, induire une réponse fébrile (ce même mécanisme peut être retrouvé lors de traumatismes ou autres troubles cérébraux).
élévation de la température centrale du corps > à 43°, l'augmentation du CO2 en fin d'expiration, associées à une hypertension artérielle ou une tension artérielle instable...,
une accélération des rythmes cardiaque (tachycardie ) et respiratoire (tachypnée),
une rigidité musculaire...
La peste bubonique (ganglionnaire) : après 2 à 6 jours d'incubation, apparaissent brutalement une fièvre, des frissons, des maux de tête, puis apparaît un volumineux ganglion dans une seule région (cervicale, dans l'aine ou l'aisselle), très volumineux et douloureux. En l'absence de traitement, l'évolution se fait vers une dissémination avec septicémie et état de choc . Parfois la phase bubonique n'est pas présente, l'infection évoluant directement vers une septicémie (peste septicémique).
La peste pneumonique se manifeste par une toux, des douleurs thoraciques, des crachats purulents et sanglants, très contaminants. La peste pneumonique peut être secondaire à la septicémie (peste pneumonique secondaire) ou survenir d'emblée chez des malades par contamination aérienne.
La toux chronique est, en général, définie par la persistance du symptôme au-delà de 3 ou de 8 semaines selon les auteurs.
La toux spasmodique est une toux chronique, volontiers récidivante, sèche, coqueluchoïde, plus rarement grasse ou rauque, à maximum nocturne.