Actualité Santé Française
Grippe: une activité élevée dans les hôpitaux, un pic encore incertain
Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP/Archives
L'épidémie degrippe reste soutenue en France et provoque une activité "élevée" dans les hôpitaux, a souligné mercredi l'agence de santé publique, qui note qu'un pic semble avoir été atteint dans les derniers jours de 2025 mais prévient qu'il pourrait n'être que provisoire.
Lors de la semaine achevée le 4 janvier, "la part d'activité pourgrippe /syndrome grippal parmi les hospitalisations après passage aux urgences continuait d’augmenter et se situait à un niveau d'intensité élevée", a résumé Santé publique France dans un bilan hebdomadaire.
Depuis plusieurs semaines, presque toutes les régions françaises sont frappées par l'épidémie degrippe saisonnière. Seule La Réunion, déjà touchée voici quelques mois, fait exception, mais semble menacée d'une reprise épidémique.
Et la part de lagrippe parmi les décès déclarés par certificat électronique a encore augmenté, atteignant un niveau de 6,3%, comparable à celui de la même semaine de 2025. La saison 2024/2025 avait été particulièrement sévère avec plus de 17.000 décès.
Quelques signes semblent toutefois indiquer que l'épidémie a atteint un plateau. Les consultations en médecine de ville se sont, ainsi, stabilisées ou ont baissé, selon la région ou la tranche d'âge concernée.
"Au total, ces données indiquent qu'un pic d'activité a été atteint (l'avant-dernière semaine de 2025) en ville et (la dernière semaine de 2025) aux urgences", avance Santé publique France.
"Il est probable que le recours aux soins pourgrippe continue à diminuer au cours des quatre prochaines semaines dans la plupart des régions hexagonales, tout en restant à un niveau modéré", a précisé l'Institut Pasteur au vu de modélisations hebdomadaires réalisées avec SpF.
Mais les scientifiques ont prévenu que "la possibilité d'une reprise de l'épidémie en janvier ne peut être exclue à ce stade, même si le pic est probablement passé".
Lagrippe est l'un des facteurs contribuant actuellement à une situation tendue dans les services d'urgence. Viennent s'y ajouter des accidents dus à la neige et au verglas, ainsi qu'une grève des médecins libéraux qui conduit les patients à se reporter sur l'hôpital.
Parmi les éléments positifs, la vaccination anti-grippale a eu un peu plus de succès que l'automne/hiver passé, où un faible taux de couverture avait contribué à une épidémie particulièrement sévère.
Reste que la couverture vaccinale des Français demeure faible, avec 38% de l'ensemble des personnes à risque et 44% pour les plus de 65 ans. Par ailleurs, les premières remontées sur le vaccin témoignent d'une efficacité "modérée", évitant entre 30% et 42,4% des infections grippales.
Autre grande épidémie virale d'automne/hiver, la bronchiolite, qui se concentre sur les bébés, montre clairement des signes de franchissement d'un pic. Une première région de métropole, l'Île-de-France, est ainsi passée en situation post-épidémique, alors que la bronchiolite affectait tout le territoire depuis plusieurs mois.
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Lexique
des signes généraux : fièvre élevée pouvant durer 5 jours, sensation de froid, frissons, céphalées, douleurs musculaires, douleurs à la mobilisation des yeux, sensation de malaise général...
des signes respiratoires qui augmentent en intensité progressivement : toux sèche, écoulement nasal avec parfois obstruction nasale, enrouement, parfois mal de gorge.
Elles sont principalement pulmonaires, pneumopathies dues directement à la grippe, ou secondaires à une surinfection bactérienne, ou encore aggravation d'un asthme (voir asthme aigu grave ), d'une bronchite chronique ...
Elles apparaissent plus fréquemment chez les sujets ayant une pathologie cardiaque, pulmonaire... préexistante, mais aussi chez les sujets immunodéficients ou au cours de la grossesse.
Rarement, c'est un tableau de grippe maligne survenant quelques jours après le début d'une grippe commune. Elle est due au virus lui-même : apparition d'un oedème pulmonaire avec insuffisance respiratoire aiguë et parfois complications cardiaques, hépatiques, rénales, ménigo-encéphalite. Elle est souvent mortelle et, en cas de survie, les séquelles sont la règle.