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La greffe de cornée, parfois vitale pour réparer la vue
La greffe de cornée est une intervention clé pour ceux souffrant de dégradations visuelles sévères. En France, le nombre de greffes augmente, offrant des espoirs de retrouver la vue. Cependant, des obstacles demeurent, notamment le taux élevé de refus des familles pour le don. Les témoignages de patients illustrent l'importance de cette chirurgie, mettant en lumière les vies transformées grâce à des greffes réussies. Avec une sensibilisation accrue et une meilleure compréhension des enjeux liés au don, il est crucial de répondre à la demande croissante de cornées en prélevant des tissus sans altérer le corps du défunt.
Jeff PACHOUD - AFP/Archives
"J'étais devenue aveugle" et "ça m'a rendu ma vie": la greffe de cornée, parfois la seule possibilité pour réparer la vue, se développe en France mais plusieurs freins restent à lever pour répondre à tous les besoins.
La cornée, fine membrane transparente à l'avant de l'oeil, contribue à faire converger les rayons de lumière vers la rétine. Lorsqu'elle est abîmée (opacité,oedème déformation...) par des pathologies, voire desbrûlures chimiques ou deschocs la vision peut se dégrader fortement, et faire une greffe devient crucial.
Chloé Couat était adolescente quand elle est "devenue aveugle" au début des années 2000. "Un virus m'a grignoté la cornée et, après sa troisième récidive, elle est devenue opaque, on ne voyait plus mes iris bleus. Mes rétines, mon nerf optique, mon cerveau fonctionnaient mais c'est comme si le pare-brise était cassé", raconte-t-elle à l'AFP.
"Pas d'autre choix qu'une greffe de cornée", mais il fallait attendre la disparition du virus. "J'ai passé mon bac français aveugle. Ma mère m'a lu les livres au programme. Pour l'écrit, quelqu'un a transcrit ce que je lui disais; pour l'oral, on m'a accompagnée et j'ai déblatéré sur +Les Mots+ de Sartre", rembobine-t-elle avec une pointe d'accent toulousain.
Et "le lendemain du bac français, que je voulais passer d'abord, j'ai été opérée". Une greffe de cornée est une chirurgie programmable, une fois un greffon identifié dans une des banques de conservation.
Pour la journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe lundi, l'Agence de la biomédecine incite à discuter avec ses proches, pour faciliter les choses lors de moments fatidiques.
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Pour la cornée, "l'activité de prélèvement et de greffe ne cesse d'augmenter en France: (...) en 2025, il y a eu 4,7% de donneurs en plus comparé à 2024, et environ 14% supplémentaires comparé à 2019", indique le Dr Isabelle Martinache, référente pour les tissus humains à l'agence.
En 2025, plus de 11.000 personnes étaient sur liste d'attente et un peu plus de la moitié, près de 6.500, ont été greffées.
"Un tissu comme la cornée peut être prélevé dans les 24 heures après le décès à l'hôpital sans nécessité de maintenir la circulation sanguine, ce qui permet un potentiel de donneurs bien plus large que pour le don d'organes", explique-t-elle.
Et, souligne le Dr Martinache, "il n'y a pas de limite d'âge" pour ce don, "porter des lunettes n'est pas une contre-indication, et vous pouvez avoir un cristallin opaque, une DMLA, unerétinopathie avec une cornée magnifique".
- "Signification émotionnelle" -
Les contre-indications au prélèvement sont essentiellement liées à des pathologies touchant la cornée et à certaines maladies transmissibles (HIV,hépatites maladies à prion...).
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Depuis la première greffe de cornée réussie, en 1905 en Allemagne sur un jeune patient, les technologies ont grandement progressé.
"Aujourd'hui, on est capables de ne greffer qu'une seule couche de tissu et on est assistés par des outils de plus en plus performants", a exposé récemment à l'Académie de chirurgie le professeur d'ophtalmologie Alexandre Denoyer (Hospices civils de Lyon).
Il a ainsi décrit sa première greffe de cornée assistée par un robot de micro-chirurgie, mi-juin 2025, au CHU de Reims, sur le premier de dix participants à une étude clinique.
Parallèlement, le besoin de cornées augmente, sous l'effet notamment du vieillissement, mais ce don suscite des réticences plus fortes que d'autres: le taux d'opposition des familles atteint 46%.
Or, "contrairement à ce que certains pensent, le prélèvement de cornée n'altère pas le regard du défunt. On ne prélève que cette membrane, ce qu'une petite prothèse rend indétectable", précise le Dr Julien Charpentier (Hôpital Cochin, AP-HP).
Autre frein, note le Dr Martinache: "les yeux, comme le cœur, peuvent être porteurs d'une signification émotionnelle plus sensible".
Reste que cette greffe, "ça m'a rendu ma vie", confie Chloé Couat, dont la vue est redevenue "normale" après une année post-opératoire "un peu compliquée". Le 3 juillet 2006, quasiment un an après l'opération, "j'ai eu mon bac, mon concours infirmier, mon permis!".
Devenue infirmière en transplantation, après un premier stage "par hasard", cette mère de famille va "reprendre des études" de dentiste: "je n'avais pas pu avec ce qui m'était arrivé, je réalise mon rêve".
Lexique
brûlure du 1er degré : simple rougeur douloureuse de la peau ;
brûlure du 2ème degré : différenciée, elle également, en 2ème degré superficiel et profond selon la nature des cellules touchées (atteinte ou non du corps muqueux de Malpighi) ; on y retrouve la formation de bulles cutanées ;
brûlure du 3ème degré : stade le plus grave, c'est la carbonisation. Les lésions sont peu sensibles voire indolores, les bulles sont petites ou absentes, la peau est cartonnée.
chez l'adulte, la tête et chaque membre supérieur représentent 9% (dont 1% pour chaque paume de main), le dos, le tronc, les faces antérieure et postérieure de l'abdomen et chaque membre inférieur 18%, le périnée et les organes génitaux, 1%.
chez le petit enfant, la tête, le dos et le tronc représentent 18%, chaque bras 9%, 13,5% pour chaque jambe et 1 % pour les organes génitaux.
les circonstances de survenue : les brûlures électriques et chimiques les brûlures survenues lors d'explosion, d'accident de la voie publique, d'incendie en milieu clos.
la localisation : les localisations à la face, aux mains, au cou et au périnée.
le terrain : l'âge < 3ans ou > 60ans, une pathologie grave préexistante, des soins à domicile impossibles, une suspicion de sévices ou de toxicomanie.
le choc hypovolémique par diminution du retour sanguin veineux vers le coeur, que ce soit à la suite d'une hémorragie abondante (traumatisme, postopératoire...), d'une hypovolémie comme les pertes de plasma chez les grands brûlés, d'une déshydratation aiguë (diarrhée ou vomissements abondants), d'une vasodilatation des vaisseaux périphériques qui stocke le sang dans les petits vaisseaux (choc anaphylactique ), septique, toxique) ;
le choc cardiogénique dans lequel le remplissage cardiaque est insuffisant du fait de troubles du rythme , d'insuffisance cardiaque aiguë , d'une embolie pulmonaire massive (voir thromboembolie )...
le choc anaphylactique survenant lors de réactions allergiques immédiates intenses. On peut en rapprocher le choc anaphylactoïde dont les manifestations sont identiques mais dont le mécanisme n'est pas de nature allergique.
virale (hépatites A, B, C, D, E...),
toxique : alcool, médicaments, autres substances toxiques professionnelles ou non comme les solvants chlorés, l'arsenic, dioxines...
auto-immunes : dérégulation du système immunitaire soit spécifique d'un organe (foie par exemple) soit avec atteinte plus ou moins généralisée de l'organisme.
ictère (coloration jaune du blanc des yeux puis du reste du revêtement cutané,
fatigue parfois importante avec perte de l'appétit et amaigrissement,
douleurs articulaires,
démangeaisons (prurit) généralisées,
parfois fièvre...
le plus souvent guérir (normalement, les cellules hépatiques se régénèrent d'elles même) après quelques semaines ou mois de maladie ;
parfois se compliquer en passant à la chronicité, les tests hépatiques restent perturbés après 6 à 12 mois d'évolution de l'atteinte initiale. Dans certains cas, l'hépatite continue à se dégrader dans le temps (hépatite chronique active et abouti au stade de cirrhose .