Actualité Santé Française
L'épidémie de grippe menace de reprendre et entraîne déjà une mortalité élevée
Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP/Archives
Après un bref reflux fin 2025, l'épidémie degrippe saisonnière menace de reprendre, portée en particulier par les enfants, et cause déjà une proportion importante de décès, essentiellement chez les personnes âgées, a résumé mercredi l'agence de santé publique.
La reprise chez les enfants "pourrait entrainer une recrudescence du recours aux soins chez les adultes dans les semaines à venir", a prévenu Santé publique France dans un bilan hebdomadaire, jugeant "très difficile d'anticiper l'impact qu'une telle reprise épidémique pourrait avoir sur le système de soins".
Depuis plusieurs semaines, l'épidémie degrippe touche toute la métropole ainsi que la plupart des régions d'outre-mer. Seule la Réunion est épargnée mais, après une première vague, elle semble aussi menacée d'une reprise.
Les autorités sanitaires espéraient qu'un pic soit passé avec la nouvelle année mais, après un bref déclin, les consultations en ville ont rebondi ces derniers jours, "une tendance particulièrement marquée chez les enfants de moins de 15 ans".
La tendance reste globalement à la baisse à l'hôpital, mais celui-ci tend à suivre avec quelques jours de retard l'évolution de la médecine de ville. Et les hospitalisations sont déjà en train d'augmenter pour les moins de cinq ans.
D'ores et déjà, l'agence de santé publique a relevé une augmentation persistante des décès liés à lagrippe Il est trop tôt pour dégager un bilan chiffré, mais il est déjà possible d'observer une tendance en observant la proportion de morts officiellement causée par lagrippe parmi l'ensemble des décès faisant l'objet d'un certificat électronique.
Cette proportion se situe désormais au "niveau atteint au pic de l'épidémie 2024-2025 (7,2% contre 7,4% à l'époque)", et les décès touchent très largement les plus de 65 ans, a constaté Santé publique France.
La saison dernière avait été marquée par l'une des épidémies les plus sévères depuis 2009, avec quelque 17.600 décès attribués à lagrippe contre environ 10.000 en moyenne. Ce bilan avait été lié en partie à de faibles taux de vaccination.
Si la proportion de Français vaccinés apparaît plus élevée cette saison, avec notamment plus de la moitié des 65 ans et plus vaccinés (53%), elle reste loin des objectifs.
Autre grande épidémie hivernale, la bronchiolite, qui se concentre sur les tout petits, confirme son reflux sur l'ensemble du territoire: plusieurs régions passent en "post-épidémie" et l'Île de France est revenue à un niveau normal.
Lexique
des signes généraux : fièvre élevée pouvant durer 5 jours, sensation de froid, frissons, céphalées, douleurs musculaires, douleurs à la mobilisation des yeux, sensation de malaise général...
des signes respiratoires qui augmentent en intensité progressivement : toux sèche, écoulement nasal avec parfois obstruction nasale, enrouement, parfois mal de gorge.
Elles sont principalement pulmonaires, pneumopathies dues directement à la grippe, ou secondaires à une surinfection bactérienne, ou encore aggravation d'un asthme (voir asthme aigu grave ), d'une bronchite chronique ...
Elles apparaissent plus fréquemment chez les sujets ayant une pathologie cardiaque, pulmonaire... préexistante, mais aussi chez les sujets immunodéficients ou au cours de la grossesse.
Rarement, c'est un tableau de grippe maligne survenant quelques jours après le début d'une grippe commune. Elle est due au virus lui-même : apparition d'un oedème pulmonaire avec insuffisance respiratoire aiguë et parfois complications cardiaques, hépatiques, rénales, ménigo-encéphalite. Elle est souvent mortelle et, en cas de survie, les séquelles sont la règle.