Actualité Santé Française
La canicule précoce de mai marquée par une "augmentation marquée des recours aux soins d'urgence"
LOIC VENANCE - AFP/Archives
La survenue précoce d'une canicule en mai dans l'Hexagone a entraîné une hausse "marquée des recours aux soins d'urgence", observent vendredi les autorités sanitaires, qui assurent avoir "anticipé" la prévention alors que l'absence d'une campagne de Santé publique France fait polémique.
Les passages aux urgences, hospitalisations et consultations SOS Médecins ont augmenté progressivement dès le 22 mai et atteint un pic le 26 mai, avec 411 passages aux urgences et 253 interventions de SOS Médecins, selon un communiqué du ministère de la Santé, cosigné par Santé publique France.
Lors de cet épisode, les recours aux soins d'urgence pour des effets des fortes chaleur (hyperthermies,déshydratations hyponatrémies -baisse du taux de sodium dans le sang- et malaises) ont été "deux fois plus importants dans les départements en vigilance orange canicule" que dans les autres.
Les hospitalisations post-urgences ont aussi augmenté, avec un pic à 230 le 29 mai.
Sihyperthermies et coups de chaleur ont principalement touché les moins de 15 ans et les 15-44 ans,déshydratations ethyponatrémies ont surtout affecté les seniors de 75 ans et plus.
Autre fait notable: "des impacts sanitaires plus marqués" chez les moins de 15 ans et les 15-45 ans, lors de cet épisode "inédit, historique et exceptionnel pour un mois de mai" selon Météo France, que ceux observés habituellement par canicule.
Cela "souligne l'importance de renforcer la prévention et l'adaptation des environnements fréquentés par ces populations", jugent le ministère et SpF.
Fred TANNEAU - AFP/Archives
Les autorités sanitaires assurent avoir "anticipé les dispositifs de prévention afin de limiter les risques pour la santé" et soulignent que, "tout au long de la saison", ministère, agences régionales de santé, préfectures et collectivités déploient des actions de prévention et d'assistance.
"Face aux risques liés aux fortes chaleurs", le ministère appelle aussi "à la responsabilité et à la vigilance de chaque citoyen", rappelant les "bons gestes" recommandés.
Fin mai, l'intersyndicale de SpF et le collectif "santé publique en danger" ont dénoncé dans un communiqué l'absence de déploiement d'une campagne sur l'adaptation à la chaleur prête à être diffusée, pointant une "ingérence des services du Premier ministre qui empêche Santé publique France de réaliser ses missions".
"Ces épisodes climatiques extrêmes étant malheureusement destinés à se renouveler et à s’intensifier, il serait judicieux de revenir au professionnalisme qui régissait antérieurement ces campagnes de prévention" avec SpF, a jugé Addiction France mardi.
Interrogé par l'AFP, le Service d'information du gouvernement (SIG) rattaché à Matignon a affirmé "avoir été saisi le 20 mai pour instruire en urgence une demande d'agrément" d'une "campagne de prévention dédiée aux fortes chaleurs" et avoir rendu un "avis favorable sous 48 heures". Mais "ce type de campagne relevant de la communication de crise", elle "pouvait être initiée dès le contexte de vigilance météorologique élevée connu", a-t-il assuré.
Depuis fin janvier et l'annonce du transfert au ministère de la Santé de certaines missions de SpF, dont les campagnes de prévention, des salariés, experts en santé publique et parlementaires redoutent une "reprise en main", aux dépens de données scientifiques indépendantes des lobbies notamment.
Lexique
due à une perte d'eau et de sel contenus dans le plasma et les liquides entourant les cellules, liés à des vomissements, diarrhées, pertes cutanées, rénales, au coma diabétique...) ;
elle se manifeste par une fatigue, une sécheresse de la peau, une accélération du rythme cardiaque, une baisse de la tension artérielle, une raréfaction de l'émission d'urine...
son traitement consiste en l'administration d'eau et de sel.
due à une hypertonie (excès de sodium par fuite d'eau) du plasma et des liquides extracellulaires, liée à une insuffisance d'apport en eau, au diabète insipide , certains diabètes sucrés , pertes digestives, cutanées, par voie respiratoire... Pour compenser cette différence de pression en sels, le liquide intracellulaire sort vers le milieu extracellulaire. La cellule est déshydratée ;
elle se manifeste par une soif intense, une sécheresse buccale, une perte de poids, fièvre, essoufflement, une fatigue avec torpeur voire coma...
son traitement consiste en l'administration d'eau associée à un régime sans sel.
soit sous l'effet d'un environnement chaud ou d'un travail musculaire intense en milieu chaud et humide (coup de chaleur) avec débordement des capacités d'adaptation de l'organisme (cutanées, respiratoires, cardio-vasculaires) ;
soit (fièvre) lors d'un processus infectieux, de la prise de certains médicaments (réaction allergique ou non)...
soit processus immunitaire avec libération de substances qui vont, au niveau cérébral, induire une réponse fébrile (ce même mécanisme peut être retrouvé lors de traumatismes ou autres troubles cérébraux).
élévation de la température centrale du corps > à 43°, l'augmentation du CO2 en fin d'expiration, associées à une hypertension artérielle ou une tension artérielle instable...,
une accélération des rythmes cardiaque (tachycardie ) et respiratoire (tachypnée),
une rigidité musculaire...
* Causes extrarénales : pertes digestives, cutanées lors des brûlures étendues ou séquestration (occlusion intestinale , ascite ...).
* Causes rénales : diurétiques et diurèse osmotique, néphropathies avec perte de sel, insuffisance surrénale par déficit en aldostérone.
* Les manifestations cliniques sont celles d'une hyperhydratation intracellulaire + déshydratation extracellulaire : pli cutané persistant, hypotonie des globes oculaires, hypotension artérielle , tachycardie , oligurie.
Les hyponatrémies de dilution :
* Par excès d'apport d'eau : potomanie (trouble d'ordre psychiatrique dans lequel le malade boit énormément d'eau, parfois plus de 12 litres par jour) et perfusions hypotoniques.
* Par antidiurèse : post-opératoire et stress, libération excessive d'hormone antidiurétique (ADH) (voir Syndrome de sécrétion inappropriée de l'hormone antidiurétique stockée par l'hypophyse , insuffisance surrénale .
Les hyponatrémies par inflation hydrosodée :
* Insuffisance cardiaque mal équilibrée, cirrhose , syndrome néphrotique et insuffisance rénale chronique , hypoprotidémie.
* Les manifestations cliniques sont celles d'une hyperhydratation intracellulaire et extracellulaire : oedèmes, épanchements des séreuses, hypertension artérielle ...
d'abord état léthargique avec faiblesse et somnolence ;
si l'hyponatrémie s'aggrave : apparition rapide de convulsions , d'un coma puis du décès.