Actualité Santé Française
Santé périnatale: alerte sur des "défis persistants", malgré certains progrès
Un rapport de Santé publique France souligne que, bien que des progrès aient été réalisés, tels qu'une baisse du tabagisme et de la prématurité, la santé périnatale reste confrontée à de sérieux défis. La mortalité infantile a augmenté, tout comme les problèmes de santé mentale chez les mères, avec 17% présentant des symptômes dépressifs. Des inégalités territoriales exacerbent ces problèmes. La prévention reste insuffisante et des mesures sont nécessaires pour améliorer la santé préconceptionnelle et les soins postnataux.
MYCHELE DANIAU - AFP
Hausse de la mortalité infantile, santé mentale dégradée chez les futures ou jeunes mères... Malgré des progrès sur certains indicateurs comme le tabagisme, la santé périnatale reste confrontée à des "défis persistants" en France.
L'agence Santé publique France publie mercredi une nouvelle photographie de l'évolution, de 2014 à 2024, d'une centaine d’indicateurs concernant la santé périnatale -la santé de la femme enceinte, puis mère, et du nourrisson-, à partir de multiples données (registres de populations, données du système de santé, enquêtes nationales...).
Elle montre des contrastes marqués dans le temps et dans l'espace, avec, pour la première fois, un éclairage poussé sur la santé mentale.
S'il y a des "progrès réels", comme une baisse de la prématurité ou du tabagisme pendant lagrossesse d'autres signaux sont "préoccupants": hausse de la mortalité infantile, inégalités territoriales, dégradation de la santé avant lagrossesse besoins de prévention mal satisfaits...
Or "tous les événements pendant lagrossesse et le post-partum vont avoir un retentissement" aux diverses étapes de la vie sur l'enfant, sa mère et son partenaire, a souligné lors d'une conférence de presse Michel Vernay, directeur de la Direction des maladies non transmissibles et traumatismes.
LOIC VENANCE - AFP
En France, où le nombre de naissances recule, l'âge de la mère à l'accouchement augmente (31,1 ans en moyenne).
Cela s'accompagne d'"une détérioration de la santé des femmes avant lagrossesse surpoids/obésité (38 %),diabète préexistant (1%) ethypertension artérielle chronique (1,63 %), des facteurs qui favorisent la hausse dudiabète gestationnel (15%, contre 7,5% en 2012) et augmentent les risques de complications", a résumé l'agence sanitaire.
Et la mortalité infantile, portée par une hausse des décès de nouveau-nés entre la naissance et leur 27e jours, ne cesse de progresser.
Avec 4,08 décès pour 1.000 naissances vivantes en 2024 -soit une augmentation en moyenne de 1% par an entre 2014 et 2024-, la France se situe au 21e rang européen sur 27, loin des meilleurs élèves tels la Suède, la Finlande ou l'Espagne.
Et, sur son territoire, les disparités régionales sont fortes, avec une situation particulièrement inquiétante Outremer, Mayotte en tête. Pour la mortalité entre 0 et 1 an de vie, les DROM ont ainsi des taux 1,4 à 2,6 fois supérieurs à la moyenne nationale.
Si des affections périnatales et des anomalies congénitales peuvent expliquer en partie cette mortalité infantile en France, les causes sont "manquantes" dans environ 10% des cas, "une part non négligeable" et en augmentation depuis 2020, a relevé Elodie Lebreton, chargée d'études scientifiques.
- Une prévention insuffisante -
Autre domaine d'alerte: la santé mentale des femmes, dans une période de plus grande vulnérabilité.
Deux mois après l'accouchement, 17% des femmes (environ 1 femme sur 6) souffrent de symptômes dépressifs, 27% de symptômes d’anxiété (environ 1 femme sur 4) et 5,5 % (environ 1 femme sur 20) ont des idées suicidaires, a ainsi estimé Santé publique France.
Là encore, les disparités territoriales sont marquées, avec notamment près de 30% des femmes ayant accouché en Guadeloupe présentant des symptômes dépressifs, 21,7% en Centre-Val-de-Loire, 20,5% en PACA et 19,3% en Ile-de-France.
"Les profils les plus à risque" associent des facteurs socio-économiques (manque de soutien des proches, difficultés à communiquer avec les soignants...), psychiatriques (antécédents de troubles, etc) et obstétricaux, notamment un accouchement par voie basse instrumentale, a précisé Michel Vernay.
LOIC VENANCE - AFP
Près de 200.000 femmes pourraient ainsi être concernées chaque année par des symptômes de dépression, de l’anxiété ou des idées suicidaires à cet horizon. Complications obstétricales, difficultés à forger le lien mère-bébé, risques accrus de troubles du développement chez l’enfant peuvent en découler.
La prévention, elle, reste insuffisante.
Les entretiens prénatal et postnatal précoces, obligatoires depuis 2020 et 2022 respectivement, n'ont ainsi bénéficié qu'à 62% des femmes pour les premiers et 25% pour les seconds.
Et près des trois quarts des femmes s'étant déclarées en difficultés psychologiques pendant leurgrossesse plus souvent avec des pathologies liées (diabète gestationnel,hypertension anémie ), n’ont pas bénéficié de soins en santé mentale avant l'accouchement.
Santé publique France appelle à renforcer la prévention, à approfondir les recherches sur les causes de la hausse de la mortalité infantile, à mobiliser face aux risques liés à l’augmentation de l’âge maternel et à la détérioration de la santé préconceptionnelle.
Mardi, le gouvernement a présenté les premières recommandations d'une mission sur la périnatalité, dont la création aussi vite que possible d'une "instance nationale de la périnatalité, rassemblant l’ensemble des professionnels, usagers et administrations concernés".
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Lexique
par carence (défaut d'apport alimentaire ou mauvaise absorption) de substances indispensables (vitamine B 12), acide folique ou vitamine B 9 responsable d'anémies mégaloblastiques avec présence de globules rouges de très grande taille, le fer) responsable d'anémies microcytaires où, au contraire de la précédente les globules rouges ont une petite taille...),
par maladie générale, dans le cadre d'une maladie auto-immune ,
par saignement aigu ou chronique ou par destruction des globules rouges (anémie hémolytique, variété d'anémie iso
par défaut médullaire de reconstitution de la lignée rouge (anémie aplastique), pouvant s'accompagner de neutropénie et de thrombopénie .
Si l'anémie est aiguë, on recherchera alors une hémorragie non extériorisée ou une hémolyse aiguë intravasculaire.
Si l'anémie est chronique et régénérative, il s'agit d'une anémie hémorragique ou hémolytique (auto-immunisation, hypersplénisme), maladie de Minkowski-Chauffard, thalassémie, drépanocytose ).
Si l'anémie est chronique et arégénérative (réticulocytes inférieurs à 25 000/mm3), elle peut alors être microcytaire (carence en fer ), macrocytaire (carence enfolates ou en vitamine B12), normocytaire (inflammatoire).
Glycémie à jeun > 1,26 g/L ou 7 mmol/L ;
Glycémie dans la journée > 2g/L avec signes cliniques de diabète.
diabète de type I : lié à une absence ou une insuffisance de sécrétion d'insuline, c'est le moins fréquent. Il survient volontiers chez des sujets jeunes. Le traitement nécessite de l'insuline (diabète insulinodépendant ou insulinonécessitant) ;
diabète de type II : la sécrétion d'insuline est maintenue, mais il existe un certain degré de résistance à l'insuline et les taux de glycémie sont élevés. C'est la forme la plus fréquente, elle apparaît volontiers après l'âge de 40 ans, son traitement ne fait pas appel à l'insuline (diabète sucré non insulinodépendant) ;
diabètes secondaires (maladie du pancréas, certains médicaments, origine génétique, malnutrition, autres maladies endocriniennes...).
Le chiffre supérieur est appelé pression systolique et correspond à la valeur de la pression sanguine lors de contraction cardiaque (systole).
Le chiffre inférieur est appelé pression diastolique et correspond à la valeur de la pression sanguine entre deux contractions cardiaques (diastole).
anti-inflammatoire,
l'abus d'acide glycyrrhizique expose, notamment, à l'hypertension artérielle avec diminution du potassium sanguin entraînant, entre autres, une baisse de la force musculaire et des modifications de l'électrocardiogramme.
Le chiffre supérieur est appelé pression systolique et correspond à la valeur de la pression sanguine lors de contraction cardiaque (systole).
Le chiffre inférieur est appelé pression diastolique et correspond à la valeur de la pression sanguine entre deux contractions cardiaques (diastole).
anti-inflammatoire,
l'abus d'acide glycyrrhizique expose, notamment, à l'hypertension artérielle avec diminution du potassium sanguin entraînant, entre autres, une baisse de la force musculaire et des modifications de l'électrocardiogramme.