Actualité Santé Française
À Mayotte, le paludisme refait surface et inquiète les autorités sanitaires
À Mayotte, le retour du paludisme avec 244 cas en 2023 inquiète les autorités sanitaires. La maladie, presque éliminée, nécessite des actions préventives comme la distribution de moustiquaires. Bien que la situation ne soit pas considérée comme une épidémie, le contexte régional crée des inquiétudes sur la santé publique.
Luis ROBAYO - AFP/Archives
En regardant une rivière polluée de la commune de Chirongui, dans le sud de Mayotte, Zarianti Houmadi est inquiète. "Ça fait vraiment peur, les déchets attirent les moustiques", redoute-t-elle, alors que lepaludisme est en recrudescence dans le 101e département français.
Depuis le début de l'année, 244 cas ont été enregistrés, dont 25 acquis localement, selon le dernier bulletin de Santé publique France (SpF) daté du 26 juin. Plusieurs foyers se distinguent, notamment au sud, à Chirongui. Pour toute l'année 2025, seulement 111 cas avaient été recensés, dont cinq cas autochtones.
Dans le reste du village, l'information semble n'avoir pas circulé aussi rapidement que la maladie. "Je ne savais pas qu'il y avait le palu à Mayotte", explique Nini Irene, derrière son étal de fruits et légumes au marché.
Ses consoeurs et plusieurs passants ne sont pas non plus au courant que la maladie est de retour dans la commune.
À Mayotte, lepaludisme était presque devenu un souvenir. Le département de l'océan Indien était entré en phase d'élimination de la maladie en 2014, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et ne comptait aucun cas indigène depuis 2020.
Pour le délégué régional de SpF, Youssouf Hassani, l'augmentation des cas dans les pays voisins explique le retour de la maladie.
Aux Comores, le nombre de malades dépasse les 20.000 par an depuis 2022, selon l'OMS. À Madagascar, 2,8 millions de cas ont été enregistrés en 2023, contre 1,7 million l'année précédente, selon un rapport de Médecins sans frontières.
Conséquence: "entre 2023 et 2024, on a presque triplé le nombre de cas importés", constate Youssouf Hassani.
- 30 patients hospitalisés -
Le vecteur du parasite, le moustique anophèle, étant toujours présent à Mayotte, lepaludisme circule à nouveau dans certaines localités comme Chirongui, Bandrélé et Dembéni. Pour le délégué, il n'est pas possible de parler de reprise de l’épidémie à ce stade, mais "la situation en ce moment est inquiétante".
Cette maladie causant des accès defièvre et desmaux de tête peut s'avérer mortelle. Depuis le début de l'année 2026, 71 personnes ont été hospitalisées, dont quatre admises en réanimation. Chaque année, elle tue environ 600.000 personnes dans le monde, selon l'OMS.
À la sortie d'un supermarché de Malamani, village voisin de Chirongui, Alima Slaï se préoccupe de la capacité du système de santé à faire face, alors que Mayotte est de loin le département français avec la densité médicale la plus faible.
"Il n'y a pas assez de médecins, ça nous inquiète avec les enfants", explique la maman.
Pour lutter contre cette recrudescence, l'Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte intervient dès qu'un cas est signalé pour dépister l'entourage du malade. Ses agents font aussi de la lutte anti-vectorielle, en recensant et cartographiant les gîtes de moustiques.
Contrairement au moustique tigre qui prolifère en zone urbaine, l'anophèle se retrouve plutôt en milieu rural. Il privilégie "les gîtes naturels comme les rivières, qui sont difficiles à éliminer", précise la directrice de la santé publique de l'ARS, Fatiha Djabour.
Marine GACHET - AFP/Archives
Les autorités sanitaires agissent également préventivement, par exemple en distribuant des moustiquaires imprégnées de répulsif. Dormir dessous est important car "ce moustique pique principalement la nuit", insiste Bruno Morel, du département de la sécurité et des urgences sanitaires de l'ARS, qui préconise le port de vêtements couvrants et l'utilisation de répulsifs.
Dans les rues de Chirongui, Zarianti Houmadi voudrait que les distributions de moustiquaires et d'anti-moustique soient généralisées.
"Je n'ai pas pu en acheter, c'est trop cher", regrette-t-elle. Sur le trottoir en face, une pharmacie propose 14 variétés de répulsifs, pour des prix allant de sept à quinze euros.
Pour une moustiquaire adaptée à un lit d'adulte, il faut compter 25 euros. Un investissement significatif, dans un archipel dont la moitié de la population vit avec moins de 260 euros par mois.
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Lexique
soit sous l'effet d'un environnement chaud ou d'un travail musculaire intense en milieu chaud et humide (coup de chaleur) avec débordement des capacités d'adaptation de l'organisme (cutanées, respiratoires, cardio-vasculaires) ;
soit (fièvre) lors d'un processus infectieux, de la prise de certains médicaments (réaction allergique ou non)...
soit processus immunitaire avec libération de substances qui vont, au niveau cérébral, induire une réponse fébrile (ce même mécanisme peut être retrouvé lors de traumatismes ou autres troubles cérébraux).
élévation de la température centrale du corps > à 43°, l'augmentation du CO2 en fin d'expiration, associées à une hypertension artérielle ou une tension artérielle instable...,
une accélération des rythmes cardiaque (tachycardie ) et respiratoire (tachypnée),
une rigidité musculaire...
accès fébriles et frissons intermittents avec des intervalles libres variants de 2 à 3 jours ;
augmentation de volume de la rate (splénomégalie) ;
troubles digestifs fréquents, à type de douleurs abdominales et de diarrhée ;
anémie de survenue plus tardive.
Un traitement médicamenteux (chloroquine, méfloquine ou proguanil) selon les zones géographiques de résistance ou non à la chloroquine.
L'utilisation de produits répulsifs à l'encontre des moustiques, de moustiquaires la nuit...
Le port de vêtements clairs couvrant bien les membres, quand vient le soir, heure d'activité des anophèles...
accès pernicieux ou paludisme grave : c'est une grande cause de mortalité. Il est caractérisé par des troubles de micro-circulation au niveau du cerveau, des poumons et des reins ;
coma ou neuropaludisme : variante de l'accès pernicieux à localisation cérébrale ;
fièvre bilieuse hémoglobinurique : hémolyse (destruction des globules rouges) intravasculaire importante avec anémie , vomissements, ictère , insuffisance rénale aiguë ;
atteinte pulmonaire : oedème du poumon dont l'origine n'est pas cardiaque.