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Infertilité: le gouvernement veut mieux sensibiliser et améliorer l'accès à la PMA

Sensibilisation, accès, recherche : le gouvernement a présenté mardi l'avancée de son plan "fertilité", notamment le lancement d'une campagne d'information et un nouveau courrier pour les Français de 29 ans, avant de futures "mesures concrètes" en 2027.

Promis par le président Macron il y a plus de deux ans mais longtemps resté lettre morte, ce plan contre l'infertilité avait été annoncé en février. Il prévoyait notamment de mieux sensibiliser à ce sujet touchant plus de trois millions de personnes : message aux Français pour leurs 29 ans, campagne de communication, site d'information...

Mais face à des critiques d'associations et de professionnels jugeant la formulation du message intrusive ou infantilisante, le gouvernement a retouché sa copie. 

Les Français de 29 ans recevront finalement, d'ici fin novembre, un message sur le portail de l'Assurance maladie pour "les informer sur les enjeux liés à la fertilité et les possibilités de préservation", selon le ministère de la Santé.

Dès ce mardi, une première campagne nationale d'information sur la fertilité destinée "aux femmes et aux hommes de 20 à 35 ans, qu'ils aient ou non un projet parental", pour "permettre à chacun de mieux comprendre les facteurs qui influencent sa fertilité", est lancée avec Santé publique France.

Pour les 18-25 ans, un volet sur la fertilité sera intégré aux consultations "Mon Bilan Prévention" prises en charge par la Sécurité sociale. 

"Trop peu de nos concitoyens sont informés à l'âge où ils devraient l'être", a souligné la ministre Stéphanie Rist, après la remise d'un rapport du comité de pilotage du plan.

Initialement, Emmanuel Macron avait été critiqué, notamment par des associations féministes, pour avoir lié l'infertilité à un "réarmement démographique".

Enjeu croissant de santé publique, la lutte contre l'infertilité se heurte aussi à un bond des demandes de prises en charge depuis l'élargissement de la PMA (ou AMP) à toutes les femmes en 2021, ce qui a allongé l'attente et poussé certaines patientes à se tourner vers l'étranger.

 

- "Changer de paradigme" -

 

En février, le ministère avait annoncé vouloir habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements pour congeler les ovocytes d'ici 2028.

"Trente nouveaux centres ont été déployés, portant à 70 le nombre total de centres autorisés", a-t-il affirmé mardi. Les délais d'attente, qui peuvent dépasser un an, ont commencé à baisser de 1,3 mois, "malgré l'augmentation de la demande", selon Stéphanie Rist, même si cela reste "trop long".

Le rapport copiloté par Samir Hamamah et Salomé Berlioux préconise d'élargir la possibilité d'autoconservation ovocytaire "à l'ensemble des centres d'AMP publics et privés", une centaine globalement.

La ministre n'écarte pas une "ouverture aux centres privés lucratifs, sans tabou", évoquant un futur amendement "en ce sens" au projet de budget de la Sécurité sociale.

Améliorer le parcours de soins diagnostiques et thérapeutiques de la fertilité, "mutualiser au niveau national la gestion du stock" des gamètes sont d'autres préconisations du rapport.

Le ministère annonce une "nouvelle phase de travail" pour "traduire ces propositions en mesures concrètes" en vue d'une actualisation du plan "début 2027", juste avant la présidentielle.

"On est sortis du tabou pour rentrer dans l'action, et les actions dépendront de vous", a lancé le professeur Hamamah à Stéphanie Rist. Le déploiement a tardé pour cause de "sensibilité du sujet" et d'"instabilité politique" post-dissolution, a-t-il glissé à l'AFP.  

"Maintenant, il faut que ça se concrétise sur le terrain", a renchéri Virginie Rio, cofondatrice du collectif Bamp rassemblant des personnes infertiles ou en processus PMA. Appelant à "changer de paradigme : on parle de l'AMP comme du parcours du combattant, il faut que ça s'arrête, on ne part pas à la guerre, on essaye de faire des enfants". 

Selon elle, cela passe aussi par l'autorisation du diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies (DPI-A), permettant de détecter des anomalies chromosomiques avant d'implanter des embryons. Une mesure défendue par une proposition de loi transpartisane emmenée par la députée Constance de Pélichy (Liot) mais aussi par la candidate écologiste à la présidentielle Marine Tondelier. 

Stéphanie Rist y est personnellement ouverte "dans certaines conditions et pour certains profils", renvoyant à de futures préconisations du Comité national d'éthique.

Parallèlement, le Conseil économique, social et environnemental, saisi par la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, prépare "un éclairage complémentaire" autour du "+désir d’enfant empêché+ et de tous les facteurs pouvant faire obstacle à un projet parental : conditions de vie, logement, emploi, environnement, accès aux soins ou accompagnement des parcours...", selon une déclaration, transmise à l'AFP, de sa présidente Claire Thoury. 

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