Actualité Santé Française
Incendies en Indonésie : quel est l'impact des fumées sur la santé ?
REINA - AFP
Quels risques pour la santé représentent les fumées générées par les feux de forêts ? Qui sont les plus à risque ? Faut-il des masques ? Tour d'horizon des questions sanitaires soulevées par les fumées toxiques issues des incendies de forêts et de tourbières qui ravagent plusieurs régions de l'Indonésie, où plus de 280.000 personnes ont été victimes de problèmes respiratoires depuis le mois d'août.
Q : Que contiennent les fumées ?
Les feux de végétation libèrent des gaz et des particules dans l'air dangereux pour nos organismes, rappelle l'Anses, l'agence française de sécurité sanitaire, sur son site. Les particules fines, en particulier, sont particulièrement nocives car pouvant pénétrer profondément dans les poumons.
Le "monoxyde de carbone est aussi un des polluants majeurs générés" par ces épisodes, souligne l'agence, qui liste les autres substances chimiques contenues dans les fumées comme "le dioxyde de carbone (CO2), des composés organiques volatils dont l'acroléine, le formaldéhyde et le benzène" ou "des composés semi-volatils".
A ces polluants peuvent s'en ajouter d'autres en cas de combustion de véhicules ou de bâtiments.
Q : Qui sont les personnes les plus à risque ?
MUDA SAGALA - AFP
Les personnes situées à proximité de l'incendie peuvent présenter des symptômes respiratoires d'irritation. Mais l'effet va se faire sentir beaucoup plus largement à toute la population sous le vent d'un incendie, et donc exposée aux fumées, "pendant plusieurs heures ou plusieurs jours" selon les conditions météo, rappelle à l'AFP le pneumologue français Bruno Crestani.
Sont particulièrement à risque "les personnes fragiles, âgées ou ayant une maladie respiratoire, les nourrissons, les asthmatiques, car cela peut déséquilibrer une situation préalablement contrôlée", explique le président de la Fédération du Souffle.
De plus, les "effets ne sont pas seulement respiratoires", souligne-t-il, car "ces particules vont pouvoir passer dans la circulation" sanguine, voire "activer certains processus comme faire décompenser undiabète entraîner un AVC, un infarctus du myocarde" et avoir un impact pour les femmes enceintes.
D'autant que ces particules, légères, vont voyager sur de très grandes distances.
Les incendies contre lesquels l'Indonésie lutte depuis des mois ont ainsi propagé une fumée toxique en Malaisie voisine ainsi qu'à Singapour et désormais au Timor oriental.
En septembre 2025, l'Organisation météorologique mondiale avait souligné que les feux de forêt libèrent un "mélange toxique" de polluants qui peuvent finir par détériorer la qualité de l'air à des milliers de kilomètres. Selon cette agence de l'ONU, ceux survenus en 2024 au Canada avaient ainsi provoqué une pollution atmosphérique jusqu'en Europe.
Q : Quels risques spécifiques pour les pompiers ?
L'Anses pointe les effets pour les soldats du feu, exposés de façon directe lors de l'intervention mais aussi indirecte, lorsque le feu est éteint, "pendant les phases de surveillance, d’enquête, de déblai mais aussi lors du retour en caserne, par la contamination des équipements, du matériel ou des véhicules par les suies et les eaux d’extinction".
Des facteurs peuvent augmenter leur vulnérabilité "face aux risques liés à l’inhalation des fumées": "lestress thermique, ladéshydratation la charge physique intense, la privation de sommeil, la fatigue cumulée, lestress psychique et les accidents", rappelle l'agence alors que plusieurs centaines de pompiers et militaires sont mobilisés.
Q : Des effets sur la mortalité ?
A l'automne 2025, dans son rapport annuel sur les risques du changement climatique sur la santé, la revue The Lancet avait chiffré à 154.000 dans le monde le nombre de "morts liés à la pollution aux particules fines issues de la fumée des feux de forêt".
Le Pr Crestani insiste sur les effets "sur le long terme" de ce type d'épisodes pour l'ensemble de la population, pas seulement les plus fragiles.
Q : Masques, aération... Que faire pour se protéger ?
REINA - AFP
Le port de masques FFP2, recommandé par l'Anses en France pour toutes les personnes sensibles exposées aux fumées, "n’est pas une protection à 100%, mais c’est significatif, oui, de porter un masque", confirme le Pr Bruno Crestani.
L'Anses rappelle qu'il est aussi recommandé de "limiter les déplacements et le temps passé à l’extérieur, garder les portes et fenêtres fermées et n’aérer que lorsque les conditions le permettent, occulter les aérations avec des linges humides, arrêter les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) durant les épisodes de fumées, éviter les activités physiques en plein air dans le secteur..."
Lexique
due à une perte d'eau et de sel contenus dans le plasma et les liquides entourant les cellules, liés à des vomissements, diarrhées, pertes cutanées, rénales, au coma diabétique...) ;
elle se manifeste par une fatigue, une sécheresse de la peau, une accélération du rythme cardiaque, une baisse de la tension artérielle, une raréfaction de l'émission d'urine...
son traitement consiste en l'administration d'eau et de sel.
due à une hypertonie (excès de sodium par fuite d'eau) du plasma et des liquides extracellulaires, liée à une insuffisance d'apport en eau, au diabète insipide , certains diabètes sucrés , pertes digestives, cutanées, par voie respiratoire... Pour compenser cette différence de pression en sels, le liquide intracellulaire sort vers le milieu extracellulaire. La cellule est déshydratée ;
elle se manifeste par une soif intense, une sécheresse buccale, une perte de poids, fièvre, essoufflement, une fatigue avec torpeur voire coma...
son traitement consiste en l'administration d'eau associée à un régime sans sel.
Glycémie à jeun > 1,26 g/L ou 7 mmol/L ;
Glycémie dans la journée > 2g/L avec signes cliniques de diabète.
diabète de type I : lié à une absence ou une insuffisance de sécrétion d'insuline, c'est le moins fréquent. Il survient volontiers chez des sujets jeunes. Le traitement nécessite de l'insuline (diabète insulinodépendant ou insulinonécessitant) ;
diabète de type II : la sécrétion d'insuline est maintenue, mais il existe un certain degré de résistance à l'insuline et les taux de glycémie sont élevés. C'est la forme la plus fréquente, elle apparaît volontiers après l'âge de 40 ans, son traitement ne fait pas appel à l'insuline (diabète sucré non insulinodépendant) ;
diabètes secondaires (maladie du pancréas, certains médicaments, origine génétique, malnutrition, autres maladies endocriniennes...).