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France: nouveaux rappels de lait infantile après le resserrement de la règlementation
Fred TANNEAU - AFP/Archives
De nouveaux rappels de lait infantile ont été annoncés lundi en France, où le seuil limite toléré est désormais plus strict pour la toxine céréulide à l'origine de précédents rappels, tandis que l'agence sanitaire européenne vient également de durcir ses recommandations.
Les scientifiques de l'Efsa, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, ont recommandé lundi de diviser par deux le seuil autorisé dans le lait infantile pour cette toxine, responsable de rappels de boîtes dans plus de 60 pays.
"Les scientifiques de l'EFSA ont proposé une" dose limite de référence "de 0,014 μg/kg de poids corporel pour le céréulide chez les nourrissons", écrit l'agence dans sa décision.
La France avait anticipé cette mesure, et, dès vendredi soir, le ministère de l'Agriculture avait annoncé l'abaissement du seuil à "0,014μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, soit un niveau de sécurité renforcé par rapport au seuil jusqu'ici appliqué (0,03 μg par kilogramme de masse corporelle)".
Conséquence directe, deux marques ont, dès lundi matin, annoncé de nouveaux rappels de lait 1er âge, deux lots pour la marque Popote, et trois pour Vitagermine (Babybio).
Ce fabricant précise avoir, durant le week-end, "mené des investigations pour s'assurer que l'ensemble des produits respectent ce nouveau seuil. Elles ont permis d'identifier 3 lots de lait infantile 1er âge" qui étaient "conformes à la norme en vigueur jusqu'à la semaine dernière", mais doivent désormais être retirés du marché.
Les deux marques précisent par ailleurs que leurs autres produits ne sont pas concernés.
"Il faut s'attendre à de nouveaux rappels" avec le nouveau seuil, a précisé lundi la direction générale de l'alimentation (DGAL), qui supervise les retraits.
L'association Foodwatch estime cependant que "ce scandale n'est pas un problème de seuil de détection, comme veulent nous le faire croire les multinationales pour se dédouaner de leurs responsabilités. La céréulide n'a rien à faire dans les laits infantiles".
"Il n'existe pas de standard européen sur la présence, par exemple, de crottes de souris dans le lait infantile. Il n'en demeure pas moins que c'est interdit et que les entreprises doivent s'assurer que leurs produits en sont exempts", a réagi dans un communiqué l'association.
Les autorités françaises ont répondu lundi aux associations qui les accusaient d'avoir agi trop peu et trop tard lors de la crise des rappels de lait infantile. La DGAL a indiqué à des journalistes n'avoir pas demandé de rappel général et privilégié des "retraits ciblés" pour éviter d'éventuelles pénuries.
- Cascade de rappels -
Foodwatch avait porté plainte jeudi aux côtés de huit familles, accusant les fabricants de laits infantiles d'avoir tardé à rappeler leurs lots suspects.
Ces rappels ont débuté mi-décembre, chez Nestlé, déclenchant une cascade de décisions similaires dans le monde, de la part des géants comme Danone ou Lactalis, mais aussi de plus petits acteurs du marché.
Nestlé, qui a effectué les rappels les plus massifs, dit avoir appliqué dès le début une tolérance zéro à la présence de céréulide. Le géant suisse dit avoir rappelé tous les produits dans lesquels la toxine a été détectée, même en dessous des seuils désormais retenus.
LOIC VENANCE - AFP/Archives
Les autorités françaises et plusieurs industriels mettent en cause un fournisseur d'ingrédient chinois, Cabio Biotech, qui produit une huile riche en oméga-6. Celle-ci aurait été contaminée par des bactéries Bacillus cereus, susceptibles de produire une toxine, la céréulide, qui peut provoquer vomissements etdiarrhées
La toxine étant rare et compliquée à détecter, selon plusieurs industriels, certains rappels ont été effectués "par précaution".
A ce stade, les enquêtes pénales ouvertes à Bordeaux et Angers après la mort de deux nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés n'ont pas établi de lien direct.
Cinq autres nourrissons ont pour l'heure été hospitalisés en France après avoir consommé des laits infantiles concernés par les rappels, ont rapporté les autorités sanitaires lundi, rappelant qu'aucun lien direct n'était établi à ce stade et que les bébés étaient "tous ressortis aujourd'hui".
Une deuxième vague de contrôles dans les pharmacies a été lancée après qu'une première série menée en décembre sur un petit échantillon a montré que 10% des officines contrôlées n'avaient pas respecté les consignes de retrait, selon le ministère de l'Agriculture.
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