Actualité Santé Française
Fortes chaleurs et diabète: une combinaison potentiellement risquée
FRANCK FIFE - AFP/Archives
Glycémie perturbée, hydratation contrariée, instruments de suivi déréglés: les fortes chaleurs, désormais plus fréquentes et plus longues, peuvent être synonymes de risques augmentés pour lesdiabétiques avertissent des spécialistes, mais plusieurs précautions aident à s'adapter.
L'impact déstabilisant d'une vague de chaleur, Jean-François Thébaut l'a vécu "il y a deux ans, dans le sud de la France".
"C'est arrivé insidieusement: il faisait très chaud mais j'étais dans une maison avec piscine. En quelques jours, j'ai perdu presque 5 kg et, comme je suis plutôt rond, j'étais assez content", raconte à l'AFP ce vice-président de la Fédération française desdiabétiques
Jusqu'à ce que ce cardiologue, alors âgé de 75 ans, perçoive des "signaux d'alarme": des malaises d'hypotension et une très grande fatigue, liés à unedéshydratation
"J'ai dû corriger ça, notamment en arrêtant des médicaments contre lediabète qui faisaient uriner" et accentuaient ladéshydratation
Lediabète maladie chronique en progression constante depuis une vingtaine d'années, se caractérise par un excès permanent de glucose dans le sang.
Deux types principaux existent: lediabète de type 1, dû à une absence de sécrétion d'insuline par le pancréas, et celui de type 2, majoritaire, lié à une mauvaise utilisation de l’insuline par l'organisme.
Lorsque les températures s'envolent, la maîtrise dudiabète peut être perturbée par unedéshydratation mais aussi par des changements d'alimentation et d'activité physique. Car tous ces phénomènes peuvent affecter le niveau de glucose dans le sang.
Sabrina BLANCHARD, Sylvie HUSSON - AFP
Quand il fait très chaud, le corps humain transpire davantage pour réguler son thermostat interne et peut perdre beaucoup d'eau, ainsi que de sels minéraux. S'il n'est pas assez hydraté, le sucre se concentre dans le sang, ce qui peut entraîner une hyperglycémie. Mais unehypoglycémie peut aussi survenir par temps caniculaire.
Attention à "ne pas faire d'efforts trop importants sans s'hydrater, sinon ça peut perturber la glycémie", avertit Jean-François Thébaut.
Et si "l'activité physique fait partie du traitement dudiabète avec la chaleur, on conseille de l'adapter pour éviter coups de chaud etdéshydratation par exemple d'aller à la piscine", complète Jean-Marc Brouart, président de la fédération et pompier professionnel, qui vit avec undiabète de type 1.
- Mesurer plus fréquemment sa glycémie -
L'alimentation est aussi à surveiller.
"Cerises ou melons par exemple sont très sucrés. A l'inverse, on risque de manger davantage de salades et moins de plats avec des glucides complexes (riz, cassoulet...)", détaille Jean-François Thébaut.
Si l'appétit diminue parfois lorsqu'il fait plus de 30 degrés, des repas légers, avec des glucides complexes et des aliments riches en eau, sont conseillés.
Alcool, boissons sucrées et/ou caféinées sont à éviter.
Niklas HALLE'N - AFP/Archives
Mesurer plus fréquemment sa glycémie et ajuster au besoin sa dose d'insuline sont aussi recommandés.
Par temps caniculaire, certainsdiabétiques sont plus à risque: les personnes âgées, souvent atteintes d'autres pathologies, celles sous insuline et les enfants.
"Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, dont certainsdiabétiques ont aussi un risque accentué: elles transpirent beaucoup, ont plus de risques dedéshydratation et les problèmes cardiaques sont beaucoup plus importants", note le président de la fédération.
En plus de perturber le métabolisme, la chaleur peut aussi altérer les dispositifs de mesure de la glycémie (lecteurs, bandelettes de test ou électrodes) et les médicaments.
"Vous ne devez pas exposer votre matériel au soleil, ni à des températures élevées, ni à de fortes variations de températures ni à une atmosphère trop humide", souligne ainsi l'Assurance maladie sur son site internet.
"Si vous devez vous déplacer, transportez les bandelettes et solutions de contrôle dans leur emballage d'origine placé dans des pochettes isothermes sans glace", conseille-t-elle.
Et, en cas dedéshydratation il est difficile d'obtenir unegoutte de sang pour son auto-surveillance.
Quant à l'insuline, elle est à conserver au froid, au réfrigérateur -mais pas au congélateur- ou dans un sac isotherme. "Si le stylo d'insuline est dans la voiture et qu'il fait 50 degrés dans l'habitacle, ça peut dégrader le produit", avertit Jean-François Thébaut.
Face aux fortes chaleurs, résume Jean-Marc Brouart, lesdiabétiques doivent "faire attention comme tout le monde, mais être encore plus vigilants vu leur pathologie".
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Lexique
due à une perte d'eau et de sel contenus dans le plasma et les liquides entourant les cellules, liés à des vomissements, diarrhées, pertes cutanées, rénales, au coma diabétique...) ;
elle se manifeste par une fatigue, une sécheresse de la peau, une accélération du rythme cardiaque, une baisse de la tension artérielle, une raréfaction de l'émission d'urine...
son traitement consiste en l'administration d'eau et de sel.
due à une hypertonie (excès de sodium par fuite d'eau) du plasma et des liquides extracellulaires, liée à une insuffisance d'apport en eau, au diabète insipide , certains diabètes sucrés , pertes digestives, cutanées, par voie respiratoire... Pour compenser cette différence de pression en sels, le liquide intracellulaire sort vers le milieu extracellulaire. La cellule est déshydratée ;
elle se manifeste par une soif intense, une sécheresse buccale, une perte de poids, fièvre, essoufflement, une fatigue avec torpeur voire coma...
son traitement consiste en l'administration d'eau associée à un régime sans sel.
Glycémie à jeun > 1,26 g/L ou 7 mmol/L ;
Glycémie dans la journée > 2g/L avec signes cliniques de diabète.
diabète de type I : lié à une absence ou une insuffisance de sécrétion d'insuline, c'est le moins fréquent. Il survient volontiers chez des sujets jeunes. Le traitement nécessite de l'insuline (diabète insulinodépendant ou insulinonécessitant) ;
diabète de type II : la sécrétion d'insuline est maintenue, mais il existe un certain degré de résistance à l'insuline et les taux de glycémie sont élevés. C'est la forme la plus fréquente, elle apparaît volontiers après l'âge de 40 ans, son traitement ne fait pas appel à l'insuline (diabète sucré non insulinodépendant) ;
diabètes secondaires (maladie du pancréas, certains médicaments, origine génétique, malnutrition, autres maladies endocriniennes...).
Glycémie à jeun > 1,26 g/L ou 7 mmol/L ;
Glycémie dans la journée > 2g/L avec signes cliniques de diabète.
diabète de type I : lié à une absence ou une insuffisance de sécrétion d'insuline, c'est le moins fréquent. Il survient volontiers chez des sujets jeunes. Le traitement nécessite de l'insuline (diabète insulinodépendant ou insulinonécessitant) ;
diabète de type II : la sécrétion d'insuline est maintenue, mais il existe un certain degré de résistance à l'insuline et les taux de glycémie sont élevés. C'est la forme la plus fréquente, elle apparaît volontiers après l'âge de 40 ans, son traitement ne fait pas appel à l'insuline (diabète sucré non insulinodépendant) ;
diabètes secondaires (maladie du pancréas, certains médicaments, origine génétique, malnutrition, autres maladies endocriniennes...).
dépôts d'urates dans la plupart des tissus et organes (sauf les poumons, le système nerveux central, le foie et la rate), parfois volumineux (tophi goutteux) mais indolores ;
de crises de coliques néphrétiques par formation dans les voies urinaires de calculs rénaux composés d'acide urique quand son excrétion urinaire est élevée (hyperuricurie ;
d'insuffisance rénale par infiltration d'urates dans le tissu rénal ;
...
à un déficit enzymatique héréditaire (très rare) ;
à des maladies du sang, malignes ou pas, dans lesquelles la destruction des globules rouges génère une augmentation de l'acide urique sanguin ;
à une insuffisance rénale chronique ;
à certaines prises médicamenteuses (diurétiques...) ;
toxiques (intoxication par le plomb...)...