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Douleurs, obésité, anxiété: les ravages de la sédentarité chez les enfants et ados
David GRAY - AFP/Archives
Un enfant qui "ne bouge pas" ne fabrique pas les muscles dont il aura besoin toute sa vie: il faut s'en alarmer et le mettre au sport, rappellent à l'AFP deux médecins à l'occasion de la Semaine du muscle, du 1er au 7 juin.
Entretien croisé avec Fabrice Chrétien, Pr de neuropathologie à l'hôpital Saint-Anne Paris Cité et à l'Institut de Myologie, et le Pr Raphaël Vialle, chef du service de chirurgie orthopédique de l'enfant à l'hôpital Armand Trousseau AP-HP et Sorbonne Université.
Pourquoi la sédentarité des jeunes est-elle un problème ?
"La sédentarité, des petits jusqu'à l'adolescence, c'est un énorme problème de santé publique. C'est une bombe à retardement: les muscles qu'ils ne construisent pas, ils ne les récupéreront pas. Un enfant doit avoir de l'activité physique pour que sa musculature se développe normalement", dit le Pr Chrétien, qui pointe une augmentation des maladies métaboliques.
Ralf Hirschberger - DPA/AFP/Archives
Les confinements pendant la crise Covid ont encore dégradé la situation en créant "uneanxiété globale vis-à-vis du monde extérieur et, deuxième effet dramatique", en aggravant "l'addiction aux écrans", estime-t-il. "Briser cette sédentarité et cette addiction, c'est compliqué. Mais les faire sortir, faire de l'activité physique est une solution assez miraculeuse."
"Ces enfants ont des douleurs chroniques - dos, genoux, chevilles, voûtes plantaires - parce qu'ils sont trop lourds ou pas assez musclés. En orthopédie, on les récupère parfois après s'être fait faire quatre fois des semelles, avoir vu le kiné, l'ostéopathe, fait des radios, des IRM... Ça coûte un argent fou à la Sécu mais personne n'a dit l'évidence: +Il n'est pas actif, il est tout le temps sur son téléphone, dans le canapé: il a une mauvaise hygiène de vie+", rapporte le Pr Vialle.
"Le vrai problème, c'est les 18% d'enfants qui sont en surpoids et les 4% qui sont obèses. Dès le CP, on les voit s'essouffler, avoir des douleurs articulaires... c'est aussi la source de grosses difficultés psychologiques: ces enfants sont en perte de confiance, parfois un peu persécutés dans leurs établissements, etc. Il faut briser ce cercle terrible", ajoute-t-il.
Quel rôle pour les parents ?
"Si l'enfant n'a jamais été sportif, il est quasiment impossible de le mettre au sport au collège et au lycée. Mais quand il l'a été et qu'il arrête en 6e, 5e ou seconde, les parents l'excusent:¨+Mais il n'a plus le temps+. Alors qu'ils l'ont, ils passent bien des heures sur leur téléphone ! C'est une question d'organisation. Si on cède, l'enfant va se déshabituer et reprendre deviendra pénible", préconise le Pr Vialle.
NICOLAS TUCAT - AFP/Archives
Sur l'alimentation, "malheureusement les parents peuvent avoir des habitudes familiales de sédentarité et des difficultés à remplir le chariot avec ce qu'il faut. En orthopédie, où on suit les enfants de nombreuses années, on tire parfois la sonnette d'alarme dès 7, 8 ans, en disant aux parents: +Attention, il ne faut peut-être pas de goûter en plus des trois repas de la journée, il faut limiter les féculents, le pain, le sucre... parce que le sucre appelle le sucre, que ça donne desdiabètes précoces et que les enfants ont du mal à se maîtriser parce qu'ils ont des fringales", dit le Pr Vialle.
Quelle activité et à quelle fréquence ?
"On le dit peu: l'activité physique est un puissant anxiolytique qui marche aussi bien que les médicaments. Quand on bouge, on est moins anxieux, on a davantage confiance en soi, et on ne se tourne pas vers un autre antidépresseur naturel comme le sucre. Aussi, faire fonctionner son muscle permet de le construire et a des effets bénéfiques sur le squelette", dit le Pr Chrétien.
LOIC VENANCE - AFP/Archives
"Les deux sessions hebdomadaires de sport scolaire en primaire sont loin d'être suffisantes. l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande huit heures minimum d'activité physique hebdomadaire, et trois fois par semaine, une activité à haute intensité", rapporte le Pr Vialle.
Pour le Pr Chrétien, "il faut trouver le sport, n'importe lequel, qui va faire plaisir à l'enfant, mais il doit faire une activité sportive au moins deux fois par semaine. S'il ne bouge pas, il faut s'alarmer parce qu'il ne fait pas de muscles et qu'il abîme son potentiel. Et derrière, ce ne sera pas récupérable".
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Lexique
Glycémie à jeun > 1,26 g/L ou 7 mmol/L ;
Glycémie dans la journée > 2g/L avec signes cliniques de diabète.
diabète de type I : lié à une absence ou une insuffisance de sécrétion d'insuline, c'est le moins fréquent. Il survient volontiers chez des sujets jeunes. Le traitement nécessite de l'insuline (diabète insulinodépendant ou insulinonécessitant) ;
diabète de type II : la sécrétion d'insuline est maintenue, mais il existe un certain degré de résistance à l'insuline et les taux de glycémie sont élevés. C'est la forme la plus fréquente, elle apparaît volontiers après l'âge de 40 ans, son traitement ne fait pas appel à l'insuline (diabète sucré non insulinodépendant) ;
diabètes secondaires (maladie du pancréas, certains médicaments, origine génétique, malnutrition, autres maladies endocriniennes...).