Actualité Santé Française
Avec le changement climatique, le paludisme se propage en Afrique australe
EMMANUEL CROSET - AFP
Dans un village reculé d'Afrique du Sud, des hommes vêtus de vert aspergent les murs d'une maison sous l’œil de son occupante. Assise dans la cour, Paulina Mhlongo patiente le temps que les agents sanitaires finissent de pulvériser l'insecticide anti‑moustique.
Son petit‑fils adolescent est tombé l'an dernier gravement malade dupaludisme Le parasite tue chaque année plus de 250.000 personnes et se propage en Afrique australe dans le sillage du changement climatique.
La "seule défense" de la famille contre les moustiques, vecteurs de la maladie, était un ventilateur bringuebalant, explique la retraitée de 63 ans.
Son village de Calcutta se trouve dans le Mpumalanga, l'une des trois provinces touchées par lepaludisme en Afrique du Sud. L'évolution des pluies et l'augmentation des températures y favorisent la prolifération des moustiques.
EMMANUEL CROSET - AFP
Les fortes précipitations créent des flaques pour les œufs, tandis que l'élévation du mercure accélère le développement des moustiques et raccourcit la période d'incubation du parasite dupaludisme
Les cas depaludisme au Mpumalanga ont quadruplé au mois de janvier par rapport à l'année précédente, selon l'Institut national des maladies transmissibles (NICD). Cette flambée compromet l'objectif de l'Afrique du Sud d'éliminer la maladie d'ici 2029.
Alors que lepaludisme n'est pas endémique dans le Gauteng, cette province, qui abrite les métropoles de Johannesburg et Pretoria, a enregistré plus de 400 cas et 11 décès au cours des trois premiers mois de 2026, d'après le NICD.
Même si la plupart des infections ont été importées d'autres foyers connus, ces chiffres sont "préoccupants", indique l'organisme de santé publique. Tout en précisant que la maladie ne peut être transmise d'une personne à l'autre faute de moustique vecteur dans le Gauteng.
- Inondations propices aux moustiques -
EMMANUEL CROSET - AFP
Le changement climatique d'origine humaine a augmenté la probabilité et l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. Et le phénomène La Niña a apporté des pluies supérieures à la normale dans certaines parties de l'Afrique australe début 2026, provoquant des inondations propices aux moustiques, explique le NICD.
La Namibie a signalé 8.760 cas au cours des quatre premières semaines de 2026, soit une hausse de 68% par rapport à l'année précédente.
Le Mozambique, frappé par les inondations, a enregistré plus de 1,35 million de cas au cours du premier semestre - une hausse de 55%, accompagnée de dizaines de décès.
L'augmentation du nombre de cas depaludisme ne signifie pas que la maladie migre, souligne le professeur Jantjie Taljaard, chef du service des maladies infectieuses à l'université sud-africaine de Stellenbosch.
EMMANUEL CROSET - AFP
Le changement climatique dope plutôt les foyers existants et allonge les fenêtres de transmission, analyse-t-il, prévenant que "les zones rurales et les régions situées aux marges des zones de risque paludique recensées sont les plus exposées".
Au Mpumalanga, les effets se font sentir en première ligne au dispensaire de Cunningmoore. Dans un laboratoire délabré, deux hommes, en blouses blanches et gants en latex, ajoutent aux échantillons de sang unegoutte de colorant de Giemsa servant à révéler les parasites avant de les examiner au microscope.
Les résultats sont renvoyés aussi rapidement que possible à l'hôpital de Tintswalo, l'établissement moderne situé à quelque 50 kilomètres.
- "Même en hiver" -
EMMANUEL CROSET - AFP
"Dans un service, il faut anticiper ce qui va se passer, mais avec le changement climatique, tout arrive au coup par coup", explique Sharon Lindiwe Nyoni, responsable du programmepaludisme au département de la santé du Mpumalanga.
L'idée selon laquelle lepaludisme se limite à l'été ne tient plus, prévient‑elle: "Même en hiver, on continue à observer une transmission."
En plus des systèmes de santé, les efforts d'intervention sont mis à l'épreuve. "Les inondations nous empêchent parfois tout simplement d'accéder aux populations", décrit la virologue Edina Amponsah-Dacosta à l'AFP.
La chaleur extrême constitue également un défi, faisant courir un risque de rompre la chaîne du froid nécessaire à l'acheminement de vaccins vers des dispensaires isolés, ajoute-t-elle.
Malgré l'augmentation du nombre de cas, les agents sanitaires indiquent que certains habitants doutent de l'innocuité de la pulvérisation d'insecticide et refusent de les laisser entrer.
"C'est très douloureux de voir quelqu'un mourir d'une maladie qui est évitable et, encore une fois, guérissable", témoigne Sharon Lindiwe Nyoni.
De la maison de neuf pièces de Paulina Mhlongo, qu'elle partage avec huit membres de sa famille, s'échappe l'odeur âcre de l'insecticide fraîchement pulvérisé.
"Je suis contente parce que les moustiques sont un problème", se réjouit la retraitée en servant à l'équipe sanitaire une collation maison à base de farine de maïs, de sucre et d'arachides.
Ebola: le patient américain soigné en Allemagne, guéri, et sa famille sont sortis de l'hôpital
Front commun de la santé suisse contre une initiative anti-immigration de la droite radicale
Lexique
dépôts d'urates dans la plupart des tissus et organes (sauf les poumons, le système nerveux central, le foie et la rate), parfois volumineux (tophi goutteux) mais indolores ;
de crises de coliques néphrétiques par formation dans les voies urinaires de calculs rénaux composés d'acide urique quand son excrétion urinaire est élevée (hyperuricurie ;
d'insuffisance rénale par infiltration d'urates dans le tissu rénal ;
...
à un déficit enzymatique héréditaire (très rare) ;
à des maladies du sang, malignes ou pas, dans lesquelles la destruction des globules rouges génère une augmentation de l'acide urique sanguin ;
à une insuffisance rénale chronique ;
à certaines prises médicamenteuses (diurétiques...) ;
toxiques (intoxication par le plomb...)...
accès fébriles et frissons intermittents avec des intervalles libres variants de 2 à 3 jours ;
augmentation de volume de la rate (splénomégalie) ;
troubles digestifs fréquents, à type de douleurs abdominales et de diarrhée ;
anémie de survenue plus tardive.
Un traitement médicamenteux (chloroquine, méfloquine ou proguanil) selon les zones géographiques de résistance ou non à la chloroquine.
L'utilisation de produits répulsifs à l'encontre des moustiques, de moustiquaires la nuit...
Le port de vêtements clairs couvrant bien les membres, quand vient le soir, heure d'activité des anophèles...
accès pernicieux ou paludisme grave : c'est une grande cause de mortalité. Il est caractérisé par des troubles de micro-circulation au niveau du cerveau, des poumons et des reins ;
coma ou neuropaludisme : variante de l'accès pernicieux à localisation cérébrale ;
fièvre bilieuse hémoglobinurique : hémolyse (destruction des globules rouges) intravasculaire importante avec anémie , vomissements, ictère , insuffisance rénale aiguë ;
atteinte pulmonaire : oedème du poumon dont l'origine n'est pas cardiaque.