Actualité Santé Française
Canicule: les craintes se confirment sur de nombreux décès en France, mais moins qu'en 2003
La canicule exceptionnelle qui a touché la France a déjà fait environ 1.000 décès supplémentaires, surtout chez les personnes de 65 ans et plus. Bien que ce bilan initial soit encore partiel, il souligne des conséquences graves sur la santé, notamment pour les personnes âgées et vulnérables. Les décès à domicile ont augmenté de 40%, suscitant une inquiétude croissante parmi les professionnels de santé. La situation est d'autant plus inquiétante que les services d'urgences anticipent une aggravation des cas à mesure que les aides ménagères retournent au travail.
Philippe LOPEZ - AFP
Des morts qui se mesurent déjà en centaines, et probablement en milliers. Les premiers chiffres officiels commencent à remonter dimanche sur les effets de la canicule exceptionnelle qui s'achève en France, même s'ils apparaissent moindres qu'en 2003 aux autorités sanitaires.
Depuis mercredi, "environ 1.000 décès supplémentaires" ont été observés par rapport à la normale, a annoncé l'agence Santé publique France dans un premier bilan.
C'est un premier bilan, encore très partiel, mais il donne une idée des lourdes conséquences d'une canicule en train de s'achever dans le pays après une dizaine de jours de températures extrêmes, un épisode déjà jugé plus intense sur le plan climatique que celui de 2003, le plus fort jusqu'alors enregistré. La canicule avait, à l'époque, tué 15.000 personnes, principalement âgées.
Certes, "même si la canicule est comparable d'un point de vue météorologique à celle de 2003, on ne sera pas probablement dans la même situation d'un point de vue sanitaire", a nuancé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dimanche sur BFM TV.
On n'aura "probablement pas la même surmortalité", a-t-elle insisté, notant par exemple que les Ehpad étaient mieux préparés.
Mais l'épisode actuel aura tout de même été lourd sur le plan sanitaire. "Plus de 1.200 décès -toutes causes- ont été enregistrés pour la journée du 24 juin et plus de 1.400 décès quotidiens les 25 juin et 26 juin", a détaillé Spf. "A titre comparatif, on comptait autour de 900 à 1.000 décès par jour en avril/mai."
Dimitar DILKOFF - AFP
En extrapolant jusqu'à dimanche, cela pointe déjà vers un nombre de décès supérieur d'environ un millier à la normale, même s'il n'est pas encore possible de les imputer officiellement à la chaleur.
En réalité, ce chiffre est certainement inférieur à la réalité. Le décompte ne part que de mercredi, le moment où la canicule s'est encore accentuée avec des températures dépassant 40°C à de nombreux endroits du territoire.
En outre, les effets de la chaleur mettent parfois des jours à se faire sentir: ils peuvent par exemple aggraver soudainement une maladie chronique, alors même que les températures sont redevenues plus normales.
- Morts à domicile -
Philippe LOPEZ - AFP
Mais ces données de Santé publique France permettent déjà de dire qui sont les plus touchés: la hausse des décès "est plus marquée dans les régions en vigilance rouge sur les derniers jours, en particulier en Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie et Pays de la Loire".
Surtout, même si l'augmentation frappe toutes les classes d'âge, et que les services d'urgences avaient signalé de nombreux coups de chaleur chez des personnes plutôt jeunes, "85% des décès observés concernent les personnes de 65 ans et plus", note SpF.
Mais c'est sur un dernier point que cette canicule se distingue: les décès à domicile, dont le ministère de la Santé s'était déjà dit "préoccupé" cette semaine, ont bondi depuis le milieu de la semaine.
"Une augmentation particulièrement marquée des décès à domicile est observée, de l’ordre de 40%, tout particulièrement en Ile-de-France", remarque Spf.
Dans les services d'urgence, certains soignants s'attendent à ce que cette tendance s'aggrave encore en ce début de semaine.
JOEL SAGET - AFP
"Demain matin lundi les aides ménagères, les gens qui s'occupent des personnes âgées à domicile vont revenir travailler", a prévenu sur franceinfo Philippe Juvin, député LR et chef des urgences de l'hôpital Pompidou.
"On va ouvrir les portes et on va probablement découvrir des gens qui sont soit en très très mauvais état chez eux", voire déjà "morts", a-t-il insisté.
A côté des personnes âgées, M. Juvin a évoqué deux autres catégories de personnes très à risque: les sans-abri et les personnes atteintes de troubles psychiatriques, à la fois à cause de leur pathologie et des effets secondaires de leurs traitements, telle ladéshydratation
"La pression commence à légèrement diminuer depuis 24 heures même s’il faut rester prudent", a souligné dimanche à l'AFP une source hospitalière, ajoutant être "organisé pour y faire face".
Canicule: la chaleur reflue mais le bilan sanitaire inquiète
Le centre de l'Europe écrasé de chaleur, la France commence à compter ses morts
Lexique
due à une perte d'eau et de sel contenus dans le plasma et les liquides entourant les cellules, liés à des vomissements, diarrhées, pertes cutanées, rénales, au coma diabétique...) ;
elle se manifeste par une fatigue, une sécheresse de la peau, une accélération du rythme cardiaque, une baisse de la tension artérielle, une raréfaction de l'émission d'urine...
son traitement consiste en l'administration d'eau et de sel.
due à une hypertonie (excès de sodium par fuite d'eau) du plasma et des liquides extracellulaires, liée à une insuffisance d'apport en eau, au diabète insipide , certains diabètes sucrés , pertes digestives, cutanées, par voie respiratoire... Pour compenser cette différence de pression en sels, le liquide intracellulaire sort vers le milieu extracellulaire. La cellule est déshydratée ;
elle se manifeste par une soif intense, une sécheresse buccale, une perte de poids, fièvre, essoufflement, une fatigue avec torpeur voire coma...
son traitement consiste en l'administration d'eau associée à un régime sans sel.