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Canicule: la chaleur reflue, la vigilance sanitaire demeure

Des températures chaudes, mais plus respirables: une grande partie de la France voit refluer dimanche un épisode caniculaire historique de 11 jours, même si le risque d'orages persiste et que la vigilance sanitaire demeure, dans la crainte d'une forte surmortalité.

L'Organisation mondiale de la santé a annoncé dimanche que plus de 1.300 décès étaient déjà imputables à cette vague de chaleur en Europe.

En France, Santé publique France comptabilise depuis mercredi "environ 1.000 décès supplémentaires" par rapport aux mois précédents, avec notamment une hausse de 40% des décès à domicile. Un premier bilan probablement voué à s'alourdir.

"La vigilance météorologique baisse, la vigilance sanitaire demeure", a résumé dans un communiqué la mairie de Paris, qui "maintient ses dispositifs de protection".

Plus tôt, Ian Brossat, sénateur PCF et conseiller à la mairie de Paris, avait évoqué sur RMC des indicateurs "préoccupants" concernant la saturation des hôpitaux et des services funéraires.

- "Faillite collective" -

Depuis le 18 juin, les interventions de secours à la personne ont augmenté de 20% par rapport à la même période de l’année dernière, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Si l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a évoqué une activité des urgences "exceptionnellement élevée" depuis la fin de la semaine, elle note une baisse des passages aux urgences (-10%) et des appels au Samu (-9%) depuis 24 heures, à un niveau encore nettement supérieur à la normale.

Le gouvernement avait "bien anticipé" la crise, a répété M. Nuñez, quand M. Brossat a dénoncé "une forme de faillite collective", et la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, "l'impréparation totale de nos gouvernants". 

Dimanche, la vigilance rouge ne concerne plus que l'Alsace, avec une levée prévue à 22H00. Au pic de l'épisode, jeudi, 72 départements étaient au niveau d'alerte maximal.

Lundi, plus aucun département ne sera en rouge, et 22 resteront en orange.

Un soulagement pour les millions de Français éprouvés par le tunnel de nuits tropicales, aux températures supérieures à 20°C, qui ont laissée Louise Stockmanns, Strasbourgeoise de 73 ans, "épuisée" après avoir été "enfermée" chez elle à "suffoquer".

Mais pour certains la chaleur torride est encore là: ce dimanche il a fait 41,1°C à Vidauban (Var), 40,4°C à Le Luc (Var), 38,4°C à Tencin (Isère), 38,2°C à Lodève (Hérault) 37,8°C à Gaillard (Haute-Savoie). Au niveau national la température moyenne a été de 26°C, selon les données relevées à 17H00 par Météo-France.

- "Fortes chaleurs" en juillet ? -

Et le thermomètre pourrait à nouveau regrimper bientôt: dimanche soir Météo-France indique que pour la semaine du 6 au 13 juillet, "le scénario de fortes chaleurs sur le pays devient plus probable", même si leur intensité "reste à ce stade incertaine".

Pour l'heure, le reflux des températures s'accompange d'orages parfois violents. Dans la nuit, 19 départements seront de nouveau en vigilance orange pour les orages, jusqu'à 6h lundi, contre 23 la veille.

En prévision, la dernière journée des festivals de musique Europavox, à Clermont-Ferrand, et Garorock, à Marmande (Lot-et-Garonne), ont été annulés, comme la célébration de la victoire de l’équipe de rugby de Toulouse, place du Capitole.

Vers 14H00, 36.000 foyers étaient encore privés d’électricité en raison des orages, selon Enedis, principalement dans le Nord et l'Aisne.

Dans les Yvelines, "la foudre est tombée sur des installations électriques (...) occasionnant des dégâts importants" (arbres sur les voies, caténaire endommagée), ont indiqué SNCF Voyageurs, SNCF Réseau et Ile-de-France Mobilités. Cela a provoqué une "interruption totale ou partielle de la circulation sur certains tronçons" du Transilien.

"Les travaux de réparation sont en cours. (...) Mais les perturbations vont malheureusement durer plusieurs jours", préviennent-ils.

Cet épisode caniculaire, phénomène intensifié par le changement climatique, principalement causé par la combustion des énergies fossiles

dépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée", a souligné samedi Météo-France.

Ce dernier avait causé quelque 15.000 morts. Mais "on ne sera pas probablement dans la même situation d'un point de vue sanitaire", on n'aura "probablement pas la même surmortalité", a estimé dimanche la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur BFMTV.

Malgré tout,  les effets sanitaires de cette canicule "restent devant nous", ont prévenu samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, évoquant un niveau élevé de "déshydratations", de "décompensations" de maladies chroniques et d'"hospitalisations différées" à prévoir pendant plusieurs jours.

Dans les funérariums, on constate "une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions", expliquait samedi Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire (FNF). 

Face à la hausse de la mortalité dans l’agglomération parisienne, "des solutions temporaires visant à accroître les capacités des services funéraires et de l’IML (l'Institut médico-légal, NDLR)" sont "disponibles", a indiqué à l'AFP la préfecture de police.

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